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Bouyer Jérémy Chercheur en écologie des vecteurs du CIRAD (UMR 15 CMAEE), en poste à l'ISRA-LNERV (Sénégal) Les glossines, vecteurs cycliques des trypanosomoses Africaines |
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En Afrique sub-saharienne, les trypanosomoses animales transmises par les glossines (mouches tsé-tsé) ont des conséquences économiques et sociales considérables sur l'élevage. Les populations de glossines sont dépendantes de données biotiques (végétation, hôtes nourriciers), abiotiques (température, humidité) mais aussi de facteurs anthropiques (occupation du sol, modification du couvert végétal, raréfaction de la faune, densification du bétail, aménagements, ).De ce fait, le contrôle de cette pathologie et la lutte contre ses vecteurs repose sur une bonne connaissance de l'écologie des glossines, en particulier des facteurs influençant la capacité vectorielle de ces dernières (abondance, distribution, comportement trophique). |
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Des
travaux de phytosociologie
ont permis de préciser les relations entre groupements végétaux
ripicoles (et leur niveau de dégradation) et l'abondance/dominance
des principales espèces vectrices au Burkina Faso, Glossina
palpalis gambiensis Vanderplank et G. tachinoides Westwood
(Diptera: Glossinidae), espèces riveraines inféodées
aux cordons ripicoles entourant les cours d'eau. |
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Fragmentation
des paysages et structure des populations
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saturation des espaces agro-sylvo-pastoraux (augmentation de la densité
animale, cultures de rente comme le coton), associée aux changements
climatiques (réduction de la pluviométrie) sont à l'origine
d'une fragmentation toujours plus importante des écosystèmes
favorables aux glossines. Les cordons ripicoles constituent alors des corridors
permettant à ces dernières de circuler entre les zones favorables
résiduelles, localisées autour des zones protégées.
Des études de dispersion (marquage-lâchers-recaptures), de
génétique des populations et de morphométrie géométrique
permettent alors de quantifier ces flux et de mieux comprendre la structure
des populations cibles (degré d'isolement, taille efficace des populations).
Ces études préliminaires à la lutte anti-vectorielle
sont destinées à des grands projets de lutte à l'échelle
de populations entières (area-wide management), notamment dans le
cadre de la PATTEC
(Campagne Pan-Africaine d'Eradication des Tsé-tsé et des Trypanosomoses)
afin de cibler la lutte, mais aussi l'implantation de barrières permettant
d'isoler des sous-unités plus vulnérables, qui peuvent alors
être attaquées séquentiellement. Des mesures réalisées entre populations distantes de plus de 200km le long de la branche Ouest du Mouhoun. Elles ont permis de mettre en évidence une structuration des populations de glossines sous l'impact de la fragmentation des paysages mais une absence d'isolement, les rivière pérennes permettant aux sous-populations de glossines d'échanger des migrants. La morphométrie a permis de mettre en évidence des différences entre populations, en relation avec un cline écologique d'amont en aval. La vallée du Kou semble être appropriée à l'installation de barrières entre sous-unités opérationnelles, dans les prochaines campagnes de lutte (PATTEC). |
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Comportement
trophique
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L'éthologie
des vecteurs et en particulier l'étude de leur comportement trophique
est à l'origine de la découverte de deux spécificités
ayant des conséquences importantes pour l'épidémiologie
et le contrôle des trypanosomoses. D'une part, l'existence d'un
apprentissage
trophique, entraînant le détournement des préférences
trophiques vers le premier hôte rencontré, a des conséquences
épidémiologiques importantes, et conduit à reconsidérer
les modèles épidémiologiques actuellement utilisés,
qui ne prennent pas ce phénomène en compte, la préférence
trophique des individus, qui entre dans la définition de la capacité
vectorielle, étant considérée constante. |
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